30 janvier 2006
lundi 30 janvier 2006, par Tibo
A toi, mon grand père
Texte lu à l’église :
La mort n’est rien,
je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,
parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent,
ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez,
pensez à moi,
priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l’a toujours été,
sans emphase d’aucune sorte,
sans une trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez - tout est bien.
Chant provencal chanté au cimetierre :
Se canto, se canto
canto pas per ieu
canto per ma mio
qu’es au luenh de ieu
Aquelos montanhos
que tan auti soun
m’empachoun de veire
mei amours ount soun
dessous ma finestra
li es un aucelon
touto la nueit canto
canto sa canson
baissas vous montanhos
planos aussas vous
perque posqui veire
mei amours ount soun
aquelos montanhos
tan s’abaissairoun
que mei amourettos
se rapprocharoun
traduction
S’il chante, qu’il chante,
chante pas pour moi,
chante pour ma mie,
qui est loin de moi.
Ces fières montagnes,
à mes yeux navrés,
cachent ma mie,
ses traits bien aimés.
Dessous ma fenêtre,
y’a un oiselet,
toute la nuit chante,
chante sa chanson.
Baissez-vous montagnes.
Plaines haussez vous.
Que mes yeux s’en aillent
où sont mes amours.
Les chères montagnes
tant s’abaisseront
quà la fin ma mie
mes yeux reverront.
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